Des chercheurs en climatologie de Norvège, de toute l’Europe et des USA convergent vers l’île de Ingøy, dans l’ouest du comté de Finnmark, comme vers un endroit privilégié pour trouver les réponses aux problématique de température dans le grand Nord.
Ils parcourent le rivage de l’île à la recherche de… coquillages.
– Si j’en trouve un qui ait 200 ans d’âge, on pourra y lire l’évolution du climat à cet endroit depuis 1815, explique Michael Retelle, professeur de géologie américain. Le but est de comprendre dans quelle mesure la période de réchauffement que nous traversons peut être comparée avec des périodes similaires il y a plusieurs siècles.
L’étude des roches permet de situer le niveau de la mer il y a 3000, 6000 ou 12000 ans. Pour les périodes plus rapprochées, le coquillage appelé cyprine, quahog nordique ou praire d’Islande (Arctica islandica), assez répandu à Ingøy, peut donner des indications de température assez précises, année par année ou presque. Ce mollusque est en effet l’animal ayant la plus grande longévité connue actuellement: en Islande, un specimen a été trouvé en 2007 âgé de 507 ans et toujours en vie. Ce coquillage s’épaissit d’année en année. En cassant la coquille et en comptant le nombre de couches dont elle est composée, on obtient l’âge de l’animal, et de précieuses informations climatiques gradées par le calcaire dont elle est formée.
– On a trouvé aussi des coquillages vides qui sont là depuis l’an 1000 environ, déposés par la mer qui s’est retirée depuis. En analysant de tels specimens, on sera en mesure de dresser progressivement une carte climatique.
L’île d’Ingøy est située de façon privilégiée pour ces études. Les courants de l’Atlantique nord et de l’Océan arctique s’y rencontrent. D’autre part, l’île est suffisamment éloignée des côtes pour ne pas subir l’influence de grandes quantités d’eau douce se déversant dans la mer.
Source de l’information : NRK
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