L’objectif annoncé par le vote du Parlement le 14 juin dernier est de ramener à zéro le volume net d’émissions de gaz à effet de serre émis par le pays d’ici 2030. Après l’échec de la Conférence de Copenhague en 2008, le calendrier avait été allongé de 20 ans. La signature de l’accord de Paris dans le cadre de la COP 21 a incité les députés à revenir à l’objectif initial.
Et pour cela, une des pistes serait l’interdiction de la vente des véhicules à essence ou gazole dès 2025. Cela peut sembler paradoxal dans un pays qui est un des principaux producteurs d’hydrocarbures au monde, mais les ventes de véhicules électriques connaissent un boom impressionnant : un véhicule sur trois vendu en Norvège est électrique ou hybride. Toutefois, les ventes ont certes bondi de 24 % en un an, mais au prix de nombreuses subventions et incitations fiscales (crédits d’impôts, péages et stationnements gratuits…) représentant un manque à gagner fiscal estimé à 300 millions de dollars en 2014.
La Norvège peut-elle donc aller plus loin ? Si elle n’est pas membre de l’Union Européenne, la Norvège fait néanmoins partie de l’Espace Économique Européen ; à ce titre, elle ne pourra pas voter une loi qui serait contraire à la liberté de commerce et de mouvement des biens en Europe. L’instauration de nouvelles taxes, à effet dissuasif, pourrait également être mal perçue par l’EEE qui pourrait les juger disproportionnées, d’autant que l’automobile est déjà fortement taxée. Il sera donc intéressant d’observer les prochaines propositions des principaux partis politiques qui ont tous annoncé travailler sur un tel plan.
***Photo : Vidar Rudd***
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