Dans une serre à Mære dans le Nord-Trøndelag s’est produite une révolution en matière d’énergie et de climat. On y trouve les tomates les plus écologiques qu’on puisse trouver au nord de la mer Méditerranée: par rapport à la culture habituelle des tomates d’hiver en Norvège, par ailleurs inspides, la consommation d’énergie a été réduite de 80%, les émissions de CO2, de 99%, et la production a augmenté de 57%, sans aucune maladie chez les plantes.
Helge Skraphagen, et les frères Harald et Kaare Gether, sont les trois inventeurs d’une nouvelle technique de récupération de chaleur. Le projet, accueilli par une école d’agronomie du Nord-Trøndelag, a été soutenu et suivi par de nombreux organismes de recherche et de technique agricole.
L’agriculture est responsable de 8,7% des émissions carbonées en Norvège, par le bétail, l’emploi des machines, et le chauffage des serres au gaz ou au pétrole. Résultat: les producteurs norvégiens de tomates, courgettes et poivrons, bien qu’écoulant leurs produits sur le marché local, ont néanmoins sur la conscience des émissions de CO2 plus importantes que les importateurs qui les font venir par camion des pays méditerranéens.
Lorsque que la nouvelle serre de Mære a été construite sur mille mètre carrés en 2007, l’alliance paysanne norvégienne (Norges Bondelag) a décidé d’y expérimenter cette nouvelle technique.
– Si on veut réformer les méthodes de culture, il faut y aller franchement, sans se contenter de petits réglages ici et là. Il faut penser de manière nouvelle et s’y prendre autrement qu’avant. C’est ce que nous avons fait et c’est pourquoi le succès a été complet ici, explique Harald Gether.
– Le développement de ces nouvelles technologies exige un milieu volontaire pour participer et prendre des risques, renchérit son frère Kaare. La serre de Mære avait les dimensions idéales, et ils ont eu confiance en nous.
Les deux frères étaient d’ailleurs sûrs de leur affaire, après de nombreux calculs sur le papier et tests de laboratoire. Mais il y avait le pas à franchir pour tout mettre en oeuvre dans la pratique.
– Pour l’instant cette technique n’est pas à la portée des exploitants privés, elle est plutôt adaptées aux coopératives et assimilés. Nous sommes par ailleurs en train de mettre en oeuvre le même procédé pour chauffer toute l’établissement scolaire agricole de Mære. La consommation d’énergie de l’école devrait ainsi passer de 2 millions à 600 000 kWh par an (-70%).
Le principe est simple: dans une serre conventionnelle, on est obligé en été les jours de soleil d’aérer la serre pour éviter que les plantes ne meurent de chaud. A Mære, on n’ouvre pas, mais la chaleur est récupérée par des échangeurs , passe dans des pompes à chaleur et est stockée dans de grands réservoirs d’eau souterrains bien isolés. De la sorte, on accumule en été la chaleur nécessaire à plusieurs mois d’exploitation. Un système de régulation permet ensuite de doser la température et l’humidité de la serre avec précision. Dans l’état actuel du procédé, seuls 20% de l’énergie nécessaire à la climatisation de la serre viennent encore de l’extérieur.
La technologie employée est perfectionnée: Les frères Gether et leur père ont déposé en tout sept brevets mondiaux. Cette expérience pilote ouvre des perspectives importantes pour la culture d’autres fruits et légumes en Norvège, et donc pour la qualité de l’alimentation.
Source de l’information : Aftenposten
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