Le bras de Saint Olav

Le 18 mars dernier est sorti un livre sous forme d’enquête historique intitulé «Chasse à Saint Olav», par l’historien des religions Øystein Morten. Saint Olav, roi de Norvège de 995 à 1030, a donné l’impulsion décisive à la christianisation du pays et fut honoré comme martyr suite à sa mort dans la bataille de Stiklestad. Intrigué par le devenir du corps de Saint Olav, que les protestants firent disparaître de la cathédrale de Trondheim pour tenter de faire cesser son culte, Øystein Morten entreprend une enquête sur l’os du bras de Saint Olav conservé à la cathédrale catholique d’Oslo. Depuis 1684, cette relique avait été conservée dans le musée du Roi de Danemark, qui l’avait achetée avec un lot d’autres «choses rares ou étranges». En 1861, la reine Joséphine de Norvège (épouse du roi Oscar I) demanda en cadeau cette relique à Frédérik VII de Danemark qui la lui accorda.

L’évêque Eidsvig a donné son accord pour un examen scientifique de la relique du saint, confiée au médecin légiste Per Holck, spécialiste des squelettes anciens, pour prélever des échantillons de test.

– Le test au carbone 14 donna une date de décès entre 980 et 1040, à 30 ans près, donc 90% de chances pour l’intervalle 980-1040, explique Øystein Morten. Ca ne pouvait pas tomber mieux. Le test au strontium, qui aurait pu donner des renseignements sur son régime alimentaire et donc sa région d’origine, n’a hélas rien donné. En revanche les tests d’ADN sur les mitochondries, qui se transmettent par la lignée maternelle, ont confirmé qu’il s’agissait d’un Européen.

– Pour ma part, je crois qu’il s’agit de Saint Olav. Cet ossement est conservé depuis le 13ème siècle dans un reliquaire scellé. Per Holck a pu déterminer que le corps n’a pas été enterré, mais conservé dans un endroit sec, et embaumé, ce qui correspond à ce que nous savons du sort des restes de Saint Olav, enfermés dans une châsse d’argent à Nidaros (Trondheim). Aurait-on été si loin pour faire une supercherie ? Et pour obtenir quoi ? Tous les résultats obtenus inclinent à croire que la relique est authentique, même si on ne peut le prouver scientifiquement à 100%. Il est en tout cas très difficile de prouver le contraire.

Le 30 mars 2013, l’évêque catholique d’Oslo Bernt Eidsvig recevait une lettre écrite de la main même de la reine du Danemark, demandant que la relique fasse retour à Copenhague. Lorsque la relique a été donnée à la reine Joséphine de Norvège, explique-t-elle, on pouvait pas savoir qu’elle pourrait être authentique. «Maintenant qu’il semble que cet ossement soit vraiment de Saint Olav, il nous semble normal de réclamer qu’il revienne au plus vite, de sorte qu’il soit exposé au Musée royal de Copenhague, où d’un point de vue historique il a sa place naturelle».

Ni l’évêque ni les catholiques de Norvège ne l’entendent de cette oreille.

– Je dois dire que je nourris de fortes préventions contre cette requête indiscrète, explique Mgr Eidsvig. J’encourage pour cela tous les fidèles de Norvège à participer à une pétition contre cette demande. Quand nous aurons rassemblé suffisamment de signatures, je suis prêt à me rendre à Copenhague pour les remettre en mains propres. Je suis prêt au combat et n’exclut pas de m’enchaîner au besoin à ce reliquaire. Le bras de Saint Olav est norvégien et doit reste en Norvège !

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Source de l’information : katolsk.no

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