Le gouvernement norvégien a convoqué une réunion de crise jeudi avec les riverains de l’île d’Utøya, où Anders Behring Breivik a abattu 69 personnes le 22 Juillet 2011. Les résidents ont menacé de tenter une action en justice pour bloquer le mémorial prévu sur l’île : une fissure géante pour symboliser la plaie d’Utøya.
L’artiste suédois Johan Dahlberg prévoit de « créer une plaie dans la nature elle-même« . Pour cela, il envisage une excavation de 3,5 mètres de large. Un canal sera ainsi formé entre les deux parties de terre. Les noms des 77 victimes d’Anders Breivik seront gravés dans la pierre, sur le flan de la nouvelle île ainsi formée. Via un chemin aménagé au travers de la forêt, les Norvégiens pourront rejoindre un tunnel, qui les conduira face à la coupe, où ils pourront se recueillir face aux noms des victimes. Les 1000 mètres cubes de terre, de plantes et d’arbres retirés face à l’île d’Utoya seront utilisés pour construire le deuxième mémorial, à Oslo. Huit personnes étaient décédées dans l’explosion d’une voiture piégée, dans le quartier gouvernemental de la capitale norvégienne.
Le ministre des Collectivités locales et de la modernisation, Jan Tore Sanner, a invité le ministre de la Culture Thorhild Widvey, les voisins de l’ïle, leur avocat Harald Stabell, l’organisation d’art public KORO et l’agence de la construction de l’Etat, à la réunion de jeudi après-midi .
« Il est encourageant de constater que le gouvernement a organisé une telle réunion« , a déclaré Harald Stabell.
La conception de l’artiste suédois Jonas Dahlberg n’est pas du goût des résidents qui décrivent comme un « viol de la nature et trop visible« . « Ce n’est ni l’Opéra ni un parc de sculptures« , a déclaré le porte-parole des voisins Jørn Øverby. « Je vois Utøya presque tous les jours, les souvenirs ne disparaissent pas comme par magie. Nous ne devons pas créer une blessure, à la fois dans la nature et dans nos âmes » .
L’offre de Dahlberg, baptisée « La blessure de la mémoire » avait été choisie à l’unanimité par des représentants du Parti travailliste et des membres de groupes de soutien aux familles des victimes. Jan Tore Sanner explique qu’il comprend le point de vue des résidents : « Nous voulons donc le dialogue avec toutes les parties et nous les avons invités à écouter ceux qui sont touchés ». « C’est une affaire qui suscite des émotions fortes, il est donc important que le dialogue soit ouvert. »
Concernant les bâtiments du gouvernement détruits à Oslo, la majorité préconise la préservation de l’enceinte høyblokken où huit autres personnes ont été tuées.
Breivik était de retour dans la presse cette semaine, affirmant que les 33 mois passés en isolement est une punition supplémentaire à sa peine de prison et une violation illégale de ses droits.
Source de l’information : News in English
Copyright photo : inconnue





