Pâques en Norvège
Dans l’esprit des Norvégiens, les fêtes pascales sont associées aux vacances à la montagne, à la villégiature au chalet avec une provision de romans policiers, aux promenades à ski agrémentées d’oranges et de chocolat dégustés aux abords des parois ensoleillées.
Toute la semaine sainte – du dimanche des Rameaux jusqu’au lundi de Pâques inclus – est volontiers considérée comme une semaine de loisirs et de vacances en Norvège. En Suède, le jeudi saint a été supprimé du calendrier, mais en Norvège, on a choisi de le conserver, son caractère de jour férié étant fortement ancré dans la population.
Le jaune - surtout - et le violet sont les couleurs de Pâques. Les tulipes, les jonquilles, les poussins, les œufs peints en carton-pâte remplis de friandises que l’on offre aussi bien aux adultes qu’aux enfants en sont les symboles.
La montagne à Pâques:
En Norvège, l’hiver commence à lâcher prise vers Pâques et il ne reste alors que le ski d’altitude. Cela ne modère en rien l’enthousiasme des très nombreux Norvégiens qui recherchent précisément ces conditions. Les hôtels de montagne affichent complet et sont réservés longtemps à l’avance par les familles qui ne possèdent pas leur propre chalet. Par beau temps, ce qui n’est pas si rare, les rayons du soleil traversent l’air raréfié des sommets et sont immédiatement réfléchis par la neige. Les randonnées à ski dans l’intense lumière pascale, le sac à dos garni d’oranges et de chocolat – solide ou liquide – sont pour bien des Norvégiens l’une des expériences les plus gratifiantes qui soient.
Certains pourraient être surpris de savoir que ce peuple, au sortir d’un hiver long et froid et aux premiers signes d’un printemps pourtant attendu avec impatience, déploie tant d’activité à rechercher les derniers ubacs enneigés. Pour l’humoriste Odd Børretzen, il y a de l’inconscient là-dessous. La présence humaine en Norvège remonte au dégel qui a suivi la dernière grande glaciation. Les nouveaux venus ont accompagné vers le Nord le recul du front des glaciers, une région lisière particulièrement giboyeuse. L’auteur avance donc que les Norvégiens, poussés par un atavisme ancestral, s’obstinent à suivre ce recul glaciaire, une théorie qui ne risque guère d’obtenir l’aval de la communauté scientifique.
Statistiquement, cette transhumance précoce ne concerne qu’une minorité de la population, et la tendance est à la baisse. La montagne à Pâques occupe néanmoins une place à part dans l’idée que les Norvégiens se font d’eux-mêmes. L’événement est devenu le symbole même de la qualité de la vie.
