
J'ai construit mon bateau en aluminium, sur des plans personnels. Ca m'a pris 15 mois, en n'y travaillant que les weekends et certains soirs. J'étais en deuxième année d'Ecole d'ingénieur à Nantes.
Fiche technique :
nom : Kyloë
type : Yawl fullbaten
longueur : 8.45m
largeur : 2.99m
tirant d'eau : 1.70m
Poids à vide : 2.3t
Surface de voile au près : 45m²
Vitesse maxi sur une minute : 10,5 noeuds,( avec le bimini et le pilote auto, s'il vous plaît )
Avec ce bateau, je comptais partir autour du monde à la fin de mes études. Mais avant de partir, j'ai voulu me faire ablater l'appendice de manière préventive (ça se fait). Mais en sortant de la clinique, ça a viré au cauchemard. J'ai eu des complication, j'ai failli y passer, je suis repassé sur le billard pour deux interventions lourdes en urgence. Finallement, je suis resté un mois sur un lit d'hopital. J'en suis sorti en loque humaine : j'avais perdu 25 kilos, j'arrivais plus à marcher, j'avais mal tout le temps, et le pire, c'est que les médecins me précaunisaient de rester à moins de 12h d'un hôpital en permanence...
Adieu doux rêves de voyages aux longs cours...
Du coup je suis parti en Finlande, travailler comme architecte naval. C'était mon premier poste, et un bon moyen d'être dépaysé en restant en terrain civilisé. Je me suis lentement refait une santée, et au printemps suivant, j'ai rencontré ma fiancée. Très vite, on décide de partir ensemble. Elle n'a jamais navigué mais en a toujours rêvé.
J'ai démissionné, et j'ai préparé mon bateau, avec un peu plus de confort et de sécurité qu'initialement prévu. Le 4 septembre, j'étais prêt à partir. Avec un cousin, je traverse le golfe de gascogne, puis je continu seul le long du portugal pour rejoindre lisbonne, où ma fiancée m'attend. Le bateau à quelques problèmes, mais après un an à terre et pas mal de modifications, une traversée comme ça à brûle pourpoint, ça pouvait difficilement se passer sans accros.
De Lisbonne, nous partons ensembles vers Madère. La météo est bonne et les dauphins sont au rendez-vous, on passe une très bonne première journée. Mais vers minuit, la nuit suivante, ça se gâte. Des éclairs partout, en permanence, et le vent qui monte à force sept sans prévenir. Moi je dormais à ce moment là, et je me réveiles avec le bateau complètement surtoilé... La tempête s'est formée autour de nous. Elle était stationnaire. Elle nous a retenus prisoniers 3 jours. La dernière nuit, la météo arrêtait juste de se tromper, et m'annonçait 45 noeuds. On en a vraiment pris plein la figure. Après ça, il nous a fallut encore deux jours pour atteindre la côte marocaine. On s'est laissé plusieurs jours pour réfléchir, et finallement on ne voulaient plus continuer. J'ai ramené seul le bateau jusqu'en espagne, et au printemps, on l'a ramené ensemble jusqu'en france.
Comme on avaient tous les deux démissionés pour ce projet, on a profité de notre liberté. On a fait le chemin de st jacques de compostelle, 1600km, trois mois de marche, et je suis parti aider des copains à traverser l'atlantique. Avant ça, je les ai aussi aidé à traverser le golfe de gascogne, fin novembre, et j'ai vu ma deuxième grosse tempête, avec force neuf et des vagues de sept mètres. Le bateau était un Aquila vieux de 20 ans, qui craquait à chaque coup de butoir. On l'avaient préparé rapidement à st nazaire. Je les ai rejoint un peu plus tard au cap vert, et après une escale d'une semaine à Rosa, on a traversé vers la barbade, en 14 jours, dans un alizé assez viril.
Voilà, une année bien remplie ! Je commence un nouveau travail d'architecte naval 10 mois après avoir quitté mon précédent poste, avec une expérience de la mer considérablement accrue...






